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L'Association de la radio privée indépendante francophone (ARPIF) s'inquiète sur l'avenir de ses 37 stations membres majoritairement situées en région.
C'est à la suite du dépôt des projets de tarifications à la Commission du droit d'auteur par les différents organismes qui gèrent les droits d'exécution (auteurs et compositeurs) et les droits voisins (interprètes).
Selon l'ARPIF, si les demandes de hausses de tarifs présentés par la SOCAN, la SCGDV ainsi que plusieurs autres organismes seraient acceptés, elles auront un impact immédiat et majeur sur la rentabilité des stations membres évoluant en petits marchés. La présidente de l'ARPIF, Renée Giard, vice-présidente aux ventes à CIEL-FM et CIBM-FM Rivière-du-Loup, CHOX-FM La Pocatière, CKRB-FM et CHJM-FM Saint-Georges de Beauce, ajoute que "si les nouvelles règles de calcul des redevances sont acceptées par la Commission du droit d'auteur, comme le demandent les organismes gestionnaires des droits, certaines stations devront, à court terme, sabrer dans les services qu'elles offrent à leurs communautés. Pour certains de nos membres, cela pourrait signifier une fermeture pure et simple à moyen ou à long terme".
Dans les divers projets soumis à la Commission du droit d'auteur, les augmentations demandées sont énormes. La SOCAN demande une augmentation de son tarif de redevances de 56% pour 2003 et 2004 et de 87 % pour la période de 2005 à 2007. De son côté, la SCGDV demande une augmentation de son tarif de redevances dépassant 300 % pour l'intervalle de 2003 à 2007.
Afin de démontrer l'impact réel des augmentations demandées, Madame Giard cite le cas fictif d'une station en exemple. " Une station générant 800 000 $ de recettes publicitaires payait annuellement 25 700 $ en redevances cumulées à la SOCAN et à la SCGDV entre 1998 et 2002. En fonction des hausses de tarifs demandées par ces deux organismes et avec l'entrée en vigueur de la nouvelle redevance à la SODRAC et à la CMRRA, la même station devrait verser plus de 70 000 $ par année, de 2005 à 2007. Cela représente une augmentation de près de 275 %. D'autre part, la SOCAN et la SCGDV demandent également une hausse rétroactive des tarifs pour 2003 et 2004, ce qui obligerait la station type à débourser près de 68 000 $ en rétroactivité dès cette année, un montant non prévu au budget d'opération 2004".
La présidente ajoute que les augmentations demandées par la SOCAN et la SCGDV affecteraient directement le budget de fonctionnement des stations touchant ainsi la qualité du produit offert à la population. De plus, selon elle, les demandes des deux organismes lancent un message contradictoire aux régions. "Alors que le CTRC dit vouloir soutenir les petits marchés, la SOCAN et la SCGDV, par leurs demandes déraisonnables, agissent tout à fait dans la direction contraire. Cela signifie quoi pour les radios privées indépendantes et leurs communautés : qu'elles n'ont plus leur place sur l'échiquier radiophonique, que la diversification est un principe d'un autre temps, que les régions n'ont plus droit à l'expression ? La position de la SOCAN et de la SCGDV constitue pratiquement un encouragement à l'acquisition et à la fusion des stations privées indépendantes par les grands réseaux. Pourtant, toutes les communautés y perdraient en visibilité, en notoriété, en crédibilité et en autonomie. Et les artistes, de même que les artisans de la musique, y perdraient aussi au change".
L'Association de la radio privée indépendante francophone se questionne sur les motifs des demandes de la SOCAN et de la SCGDV. Elle se demande si le motif serait pour contrer le piratage. Madame Giard indique que "la SOCAN et la SCGDV se trompent de cible. Nos stations ont toujours agi en citoyens corporatifs responsables et respectueux des droits des artistes et des artisans de la musique. Nous payons les redevances exigées et nous contribuons activement à la promotion des artistes dans nos régions".
C'est le mois de mai prochain que les demandes de la SOCAN et de la SCGDV seront examinées par la Commission du droit d'auteur. L'ARPIF souhaite que la Commission étudie avec exactitude les demandes déposées et évalue aussi l'impact qu'elles pourraient avoir sur les radios en régions. Incorporée en août 2002, l'ARPIF a été créée pour promouvoir l'autonomie des stations régionales, protéger les intérêts de ses membres et leur donner voix au chapitre face aux grands réseaux. Elle compte 37 stations membres et 18 stations répétitrices dans les différentes régions du Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.
François Mercier (canada_at_radioactu.ca) pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.ca/actualites-radio/25685/arpif-menaces-sur-l-avenir-des-radio-privees-francophones/
François Mercier pour RadioActu
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